Un décret annule les obligations des régions en terme d’emport vélo dans les trains express régionaux (TER)
En 2019, la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), via l’article 53 a imposé un nombre minimum d’emplacements pour les vélos non démontés dans les TER neufs et rénovés.
Le gouvernement a publié le 21 février 2026 un décret de simplification qui laisse les conseils régionaux définir le nombre de places dans les TER, sans plus exiger de minimum.
Une situation déjà chaotique
Depuis le 1er janvier 2002, les régions ont la compétence sur l’organisation des TER. Chaque région a ainsi décidé de ses propres orientations en matière tarifaire, d’aménagement des trains, de réservations, etc. Toute cette diversité, si elle peut permettre d’innover, a rendu le système ferroviaire très peu lisible pour le grand public, en particulier pour les touristes qui traversent plusieurs régions, ou celles et ceux qui déménagent.
Un nivellement par le bas
Les régions ont la possibilité d’acheter les trains proposés par les constructeurs (Alstom et CAF), qui sont peu nombreux et proposent une faible variété de modèles. On retrouve donc des trains similaires dans toutes les régions. Mais les aménagements intérieurs sont laissés à l’appréciation de celles-ci, sans grandes contraintes autres que techniques. Le nouveau décret vient supprimer une des dernières contraintes imposées aux régions dans l’aménagement des trains. Il reste celle liée aux aménagements pour les PMR (personnes à mobilité réduite).


Quelles conséquences ?
Les régions avaient jusqu’ici la possibilité de mettre plus d’emplacements que le minimum légal. C’est ainsi le cas en Nouvelle-Aquitaine, avec 12 emplacements vélo lors de la rénovation de ses trains AGC, alors que le minimum légal est de 6. De même, la région Grand Est a commandé des nouveaux trains Régiolis avec 18 emplacements vélos. Les régions ont donc maintenant la possibilité de réduire ces emplacements.
Si ce choix peut être défendu auprès de ses électeur·ices, ce ne sont pas les seul·es intéressé·es. Les cyclotouristes qui traversent la France en train risquent de se retrouver bloqué·es à l’entrée d’une région qui aurait trop peu d’emplacements. De même, les correspondances entre trains nationaux et régionaux risquent de ne plus être assurées.
Pour un pays qui a l’ambition de devenir la première destination mondiale pour le tourisme à vélo, c’est pour le moins fâcheux.
Pourquoi les emplacements vélo sont importants ?
Alors que le coût du carburant continue d’exploser, la combinaison vélo + transports en commun devient non seulement plus crédible mais indispensable. C’est précisément à ce moment critique que nous supprimons les garanties d’accès à cette mobilité active et décarbonée. La liberté donnée aux régions peut sembler positive, mais elle risque de créer un système inégal selon les territoires, freinant cette transition nécessaire.

